Edito de la Vice-Présidente : Michèle ERB

Je me réjouis de participer à la naissance et au développement de l’ATPR et j’ai l’espoir que cette association et le travail en réseau de ses membres puisse contribuer, non seulement à la diffusion de la pensée de Sami-Ali, mais aussi à son enrichissement par la recherche et l’ouverture à d’autres approches de l’humain.

Venant moi-même d’un autre courant de pensée, celui de l’Approche Centrée sur la Personne de Carl Rogers, je perçois un accord fondamental entre les deux courants.

Dans le champ de la psychosomatique, Sami-Ali représente une « troisième voie » entre l’approche médicale qui, ne s’occupant que du corps réel (le corps anatomique), réduit le psychique au somatique, sans tenir compte du sujet, et la psychanalyse qui, elle, tient compte de la subjectivité dans la thérapeutique mais au risque de ramener le somatique au psychique. Ni l’un ni l’autre de ces modèles théoriques ne semblant vraiment pertinents face à la maladie organique, Sami-Ali propose une approche fondée sur le primat relationnel : penser l’unité relationnelle permet le dépassement de la dualité corps/psychisme. 
Carl Rogers, dans le champ de la psychothérapie des années 1950, ne se satisfait ni de l’un ni de l’autre des deux principaux courants de l’époque, le comportementalisme qui réduit l’humain aux déterminismes de ses apprentissages et la psychanalyse qui fait trop souvent de la personne le jouet d’un inconscient défensif qui la manipule. Ainsi, Carl Rogers va proposer une « troisième voie », une approche thérapeutique qui replace la Personne et la relation au centre du processus thérapeutique. 
Les deux approches sont globales et humanistes : la relation selon Sami-Ali n’est pas une relation d’objet (concept analytique inutile en psychosomatique) et la thérapie relationnelle situe le thérapeute en tant que sujet face à un autre sujet, ce qu’on trouve chez Rogers sous la forme d’un thérapeute qui s’implique en tant que personne à part entière face à une autre personne à part entière.
Autant chez Sami-Ali que chez Rogers, il y a la certitude que des potentiels sont là même s’ils ne sont pas manifestes et qu’ils peuvent être récupérés dans le cadre d’une relation thérapeutique réunissant les conditions nécessaires (la « réceptivité » du thérapeute selon Sami-Ali, les « attitudes fondamentales » du thérapeute selon Rogers).

La Théorie Relationnelle de Sami-Ali et L’Approche Centrée sur la Personne de Carl Rogers sont compatibles et complémentaires. Ainsi, d’une part, les thérapeutes en psychosomatique relationnelle pourraient parler de façon plus précise et ciblée de leur attitude thérapeutique en s’appuyant sur les concepts de Rogers et, d’autre part, les thérapeutes centrés sur la personne qui s’intéressent à la psychosomatique et/ou pratiquent des thérapies à médiation corporelle pourraient trouver chez Sami-Ali un cadre théorique dans ce champ particulier de la psychosomatique  pour penser leur pratique. Les deux approches s’enrichissent mutuellement.

 

Michelle Erb


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